17 février 2008

Du 18 au 20 mars : rencontre avec PETER WATKINS à Metz

Si ce site devait dédier son existence et ses fondements à quelqu'un ça serait sans hésitation au cinéaste Peter Watkins.

Peter WATKINS, cinéaste et critique des médias anglais, est l’auteur entre autres de La Bombe (The War Game, 1966), Punishment Park (1971), Edvard Munch (1973), Le Voyage (The Journey, 1986) et La Commune (Paris, 1871) en 1999. Depuis le début des années 1960, Peter Watkins n’a jamais cessé de porter un regard critique sur les mass média audiovisuels, particulièrement dans ses films où cette thématique majeure a toujours été omniprésente. En dépit des différents types de censure qui ont frappé la plupart de ses œuvres, cet artiste hors-norme a réussi à tourner un peu partout dans le monde. Aujourd’hui, plus que jamais, Peter Watkins continue de se battre pour l’émergence d’un véritable processus alternatif et démocratique dans le champ du medium audiovisuel (« The lost hero of british TV », titrait à son propos The Guardian en février 2000).

Peter Watkins fait parti de ces créateurs qui ne se disent pas artistes, de ces êtres humains qui ne se disent pas humanistes, de ces penseurs qui ne se disent pas philosophes. Mais ses oeuvres (films comme écrits) ont la force qui dépasse ces positionnement sociaux de certains auteurs. Watkins fait, filme, pense et surtout donne et partage. L'activisme dans sa version la plus pratique, la plus vivante, la plus généreuse.

Si certains de ses films mélant souvent documentaire et fiction peuvent donner de prime abord une impression de froideur provoquant une certaine distanciation, ils impriment tous durablement notre esprit. Par une alchimie de l'espace sensible et intellectuel ils donnent à la fois à voir, à ressentir, à analyser et à prendre avec recul ce discours qu'ils proposent. Le combat de Watkins contre les formes les plus insidieuses et perverses des productions issues des mass médias (empreintes de ce qu'il nomme la "monoforme") n'est pas pour rien dans cette manière si particulière de proposer des images et un discours.

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(Photogrammes issus du film Edvard Munch) 

Pourquoi parler ainsi de Watkins me direz-vous ? Non ce n'est pas un hommage posthume, l'homme est bel et bien vivant et sera même à Metz durant 3 jours les 18, 19 et 20 mars grace à une proposition de l'association CinéArt

Dans son cycle cinéma/peinture (qui dure tout le mois de mars, voir programme complet sur le site web de l'asso) CinéArt à eu l'excellente idée de programmer le film Edvard Munch de Peter Watkins et par la même occasion d'inviter ce dernier pour en faire la présentation. L'homme ne faisant pas les choses à moitié il accepte non seulement l'invitation (le film est présenté le 18 mars au Caméo Ariel à 20h15 au mini-prix de 6 euros) mais la développe. Ainsi il sera le lendemain de la projection, le mercredi 19 mars, à la libraire Géronimo à Metz à 19h pour une rencontre autour de son livre "Media Crisis" (édité chez Homnisphères. Pour un aperçu de la richesse du livre, lisez cette page avant d'aller plus loin).  Enfin, quand je parlais de l'activisme de cet homme, le plus bel exemple est la rencontre prévue le jeudi 20 mars (pas encore de lieu et horaire) : une seconde discussion est prévue avec Watkins avec les personnes désireuses de s'impliquer dans un projet local avec lui.

Je propose à ceux que cela intéresse de commencer à penser à une action locale dans la cadre d'une réflexion/sensibilisation au pouvoir des mass médias et plus généralement aux enjeux de l'image. Action à finaliser et débattre avec Watkins le 20 mars.

 

Liens web :

- Excellente critique du film "Edvard Munch" de Watkins sur www.critikat.com 

- un extrait du film "Edvard Munch" : www.youtube.com/watch?v=jwTQUeuUC9g

- Le site web de Peter Watkins, très fourni : http://www.mnsi.net/~pwatkins/ 

- Un portrait de Watkins sur www.critikat.com

- Dossier Watkins autour du film "La Commune" sur ZaleaTV 

- Un article de Hélène Sempéré sur la "captation du présent" proposée par Watkins : "l'écriture du présent ou l'aporie de la représentation"

- le site de l'éditeur Homnisphères 

- le site de l'association CinéArt (avec programme complet des projections) : http://cineart.metz.free.fr

12 octobre 2007

Activisme audiovisuel : le refuge du web

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Inutile de répéter à quel point la télévision et ses instances nivellent par le bas ses programmes ou tout du moins en lisse les aspéritées...

ZALEA TV, la célébre chaîne de tv associative, qui se battait depuis plus de 7 ans pour créer une alternative audiovisuelle au coeur du réseau hertzien, a decidé de se dissoudre le 23 septembre 2007. Voir www.zalea.org

Je cite ci-dessous la justification de la décision de ZALEA TV :

Les coups de barre à droite successifs depuis l’alternance de 2002 ont anéanti tout espoir de création d’une grande chaîne nationale de télévision alternative, non-marchande et citoyenne, dans un avenir proche. Depuis la légalisation des chaînes associatives au printemps 2000, Zalea TV a tout tenté pour se faire autoriser par le CSA en diffusion hertzienne permanente et pour être reprise sur le câble et le satellite. Mais pour des raisons qui mèlent des intérêts politiques, financiers et idéologiques, aucune véritable télévision associative diffusant les programmes du Tiers Secteur Audiovisuel n’a finalement pu voir le jour en France. Le CSA a mis le point d’orgue à ce verrouillage en rejetant pour la troisième fois la candidature de Zalea TV à la TNT juste après les élections présidentielles de 2007. Au point où en est arrivé le PAF, c’est maintenant à une véritable refondation du système télévisuel français dans son ensemble qu’il faut oeuvrer. Ce système quasi-totalitaire, à la fois anesthésiant socio-culturel et démobilisateur civique, nuit gravement à la vie démocratique du pays et au véritable débat d’idées.

D’autre part, la prolifération récente des sites internet de vidéos partagées apporte une solution temporaire à la libre circulation des images. Cette solution est loin d’être satisfaisante au regard du droit à l’information du grand public, mais elle a le mérite de rendre possible une assez large diffusion des productions non-alignées, non-formatées, non-commerciales et censurées. Ce qui était l’une des missions principales de l’ONG Zalea TV.

Les membres de Zalea TV ne jettent pas l’éponge pour autant. Ils sont en train de se recomposer par la création de plusieurs structures s’inscrivant dans l’univers des médias libres et du combat plus général pour le pluralisme et l’indépendance des médias et de l’information.

 

Alors, avec tout le bémol apporté par les Zalea dans le 2eme paragraphe de leur texte, heureusement que le net est là. Force est de constater tout de même que dans l'offre du net en infos (si vaste qu'elle en devient parfois vomitive) les exclus du réseau hertzien (et numérique) se retrouvent et attaquent encore plus fort. Deuxième vie médiatique ou action et réaction ? Petits exemples choisis à cliquer pour se faire une idée :

Alors il y a le cas Karl Zero, évincé de Canal+, qui propose rapidement sa web tv (même formule, je vous laisse donc juge...) : http://leweb2zero.tv  

Ensuite c'est la seule emission télé d'analyse des médias qui se voit disparaitre du service public : Arrêt sur Images. Même si sa tête pensante et omnipotente, Daniel Schneidermann, est loin de plaire à tous (et certainement parfois à raison) l'émission de decryptage est passionnante par son rapport ambigu aux médias (vous avez dit Debord ?). Pas content d'avoir été mis au placard, Daniel se jette sur le web, et tant mieux. http://arretsurimages.net A voir et bien-sûr à prendre avec recul (comme toutes images mais d'autant plus que des "images de decryptages d'images" ne sont pas paroles d'évangile).

Toujours dans la catégorie "placard du service public special gêneurs" il y a celui de Daniel Mermet, qui anime avec sa verve et son emission Là Bas Si J'y Suis à l'horaire dit de "la sieste post-Derrick" : 15h - 16h sur France Inter. Mais la vie continue sur le web et la communauté formée autour de l'émission se retrouve entre autre sur www.la-bas.org (très nombreuses archives d'émission, dont certaines passionnantes).

Mais le web n'est pas que le lieu d'expression des refusés des médias de masse.

Oula! Parenthèse! Internet n'est-il pâs LE mass media de notre 21ème siècle ? A lire dans le dernier Telerama (sondage sur les français et la TV) : "S'il fallait, pendant six mois, choisir entre la radio, la télévision, le téléphone mobile et la connexion à Internet, 33% des personnes interrogées garderaient leur précieux portable, 28% leur connexion Internet, 22% la radio et seulement 17% la télévision."
Mais comme j'ai tendance à ne jamais prendre une information comme totalement acquise, lire l'article publié à propos de ce sondage dans le très serieux site de l'ACRIMED (observatoire des médias) : www.acrimed.org

Retour a nos moutons numériques. Internet est aussi un lieu d'expression libre, pas encore maitrisé et peut-être jamais totalement maitrisable (esperons le, même si c'est pour le meilleur et pour le pire). Une chambre d'échos, qu'il faut savoir moduler à son image pour en faire bel et bien un outil d'information et de communication, pas un besoin.

Par ce que la télévision ce fut aussi un lieu de création (souvenons-nous des émissions diffusées sur les ondes et concotées pas Nam June Paik et consorts aux USA, par Jean-Christophe Averty ou Lefdup en France), penchez-vous sur l'excellente web tv consacrée à la vidéo de création : www.zzazzootivi.com et sur la mine audio & visuelle de création qu'est www.ubu.com

Le combat continue, construisons l'image de notre monde.