08 juin 2008

Rester mobilisé, entre création et diffusion

NO.TRADE vit encore malgré le peu de notes publiées ces derniers temps (seul le référencement Google et le nombre de visiteurs en souffre mais bon, ça se soigne) ! Comme d'habitude depuis son existence le site a ses hauts et ses bas en terme de contenu et de réactivité. Mea-culpa pour les lecteurs mais, comme je l'ai exprimé il y a déjà un an dans des questionnements liés à l'existence de ce site, je m'investis aujourd'hui d'abord pour des actions de "terrain", qui brasse d'avantage de l'humain, du corps et de l'esprit plus que de la pensée ou du concept virtuel (en gros la démarche est : "du réel a son écho virtuel" et pas l'inverse).

Des actions donc...

Pour commencer un petit film que j'ai réalisé avec mon téléphone portable sera diffusé le samedi 14 juin à 14h au Centre Pompidou à Paris dans le cadre du festival Pocket Films (www.festivalpocketfilms.fr). "30" est un film-concept assumé : il s'agissait de me contraindre à filmer durant l'année de mes 30 ans (de octobre 2006 à octobre 2007) 30 séquences vidéos de 30 secondes avec mon téléphone. Pas plus, pas moins.  Ensuite le montage devait être un révélateur d'un regard qui se pose, se repose, change, se cherche, raconte. "La vie est faite de séquences dont nous sommes les monteurs".

 

Ensuite un projet d'Atelier de Pratique Artistique que j'ai mené durant l'année dans le lycée J.V.Poncelet de Saint-Avold vient de se terminer. Dans "Questions de styles" 10 lycéens apprentis-réalisateurs (seconde et première) proposent une réflexion sur une question cruciale de l'adolescence "l'habit fait-il le moine ?". La note d'intention est : L'adolescence, âge de découverte sociale de soi et des autres, âge de questions, âge du rapport de l'individu au groupe. Le code vestimentaire habite les cours de lycées. Sac à dos, marques, styles excentriques ou, au contraire, discrets... Qu'est-ce qui pousse certains jeunes à adhérer consciemment ou non à telle ou telle mode ? Ou a s'y opposer ? La marketing ? Les autres ? Est-ce une manière de commencer à vivre en société ? Combien se sentent eux-même ainsi habillés ? Accord de soi ou accord du groupe ? Rite d'interaction ? Construction de l'identité ?
Il s'agit de proposer des questionnements sous une forme audiovisuelle courte, à travers un regard à la fois drôle et tendre proposé par de jeunes lycéens sur leurs congénères vivant ensemble dans un microcosme générationnel (le lycée). Comment se confrontent-ils à leurs semblables mais aussi aux adultes qui les entourent ? L'habit est-il le prolongement d'eux-même, les mettant ainsi en jeu ou au contraire est-ce une carapace ?

Je serais ravis de proposer le film a un visionnement sur Nancy si quelqu'un s'y intéresse.

 

Visuel NUIT DE LA VIDEO 2008.jpgEnfin il y a La Nuit de La Vidéo (LESYEUXLANUIT) organisée par Les Yeux de L'Ouïe et qui en est a sa 5e édition. Je m'engage encore une fois dans cet événement avec bonheur car rares sont les moments de partage aussi collectifs et énérgiques autour des formes de création vidéo non-diffusées par notre chère boite à "temps de cerveau disponible". Et ce que j'apprécie aussi, disons le clairement, c'est la forme autant festive que artistique de cet événement qui s'éloigne du festival pour initiés ou de l'exposition auto-centrée. L'art vidéo, le documentaire, l'expérimentation sont des arts vivants ! Du moment où on ne cherche pas à les éloigner de la vie, de la ville, du grand public (ce n'est pas un gros mot)...

D'autant plus que cette année le thème est "LIBERTES, des petits bonheurs et des grandes causes". Un programme réjouissant qui réunit installations vidéos, art vidéo, documentaire, des films d'artistes confirmés (Chris Marker avec "Chats Perchés", Carole Roussopoulos avec "Scum Manifesto",...), des pamphlets déjà cultes ("Surplus, la consommation par la terreur" de Erik Gandini), des jeunes artistes,...

Rendez-vous le vendredi 13 juin 2008, de 20h à l'aube à la MJC Lillebonne à Nancy (en Vieille Ville).
En ces temps difficiles pour la culture, LESYEUXLANUIT sera payant cette année (3euros). C'est pas beaucoup payer pour participer à l'existence de telles rencontres qui ne doivent pas disparaître sous pretexte de manque financier de l'état.

 

En parlant de situation politique de la culture, j'invite tous les lorrains impliqués à suivre le travail engagé de l'association "Les Arts Associés" (dont j'ai déjà parlé ici) qui reste en alerte autour de cette question cruciale.

Le site http://www.sauvonslaculture.fr propose un manifeste que chacun d'entre nous doit pouvoir faire sien, signer, afin de donner naissance à une véritable mobilisation citoyenne pour l'art et la culture.

Face au désengagement sans précédent de l'Etat, des artistes et des acteur(e)s du monde de l'art et de la culture, tous domaines confondus, se sont réunis pour affirmer le caractère essentiel de la création, le droit inaliénable pour tout être humain d'accéder à l'imaginaire et à la pensée, à l'éveil sensible et à l'esprit critique.Tous les champs et toutes les disciplines de l'art et de la culture appellent à une mobilisation pour une politique culturelle ambitieuse, intelligente et généreuse, à la hauteur de l'enjeu démocratique.

Le combat n'est pas perdu... Je vous invite à vite lire le manifeste et faire partie de ses signataires.