23 avril 2008
1895 - 1968 - et aujourd'hui ?
"Plein de films comme ça pourraient, à mons avis, dans une époque où tout est fait pour nous distraire, nous donner le courage de dire : non. Non." Ce sont les mots de Jacques Willemont à propos de son film : "Reprise du travail aux usines Wonder" (1968) diffusé hier soir sur Arte.
A la vue du film j'ai eu le désir d'apposer en regard la "vue" des frères Lumière "Sortie des usines Lumière à Lyon" (1895). A vous d'en apprécier la portée...
M'est alors revenu aussitôt le travail que j'ai effectué il y a quelques années déjà pour mon Mémoire de Maitrise d'Etudes cinématographiques et audiovisuelles à l'IECA : "le cinéma, c'est l'histoire de deux patrons qui filment leurs ouvriers". D'un projet de commande audiovisuelle (un film de montage sur la représentation du patronat dans le cinéma français) j'ai alors développé une réflexion nouvelle pour moi à l'époque : une réflexion artistique, sociale, politique, historique. Le cinéma est un art du temps et il s'est révélé encore plus fortement, à mes yeux et en tant qu'objet d'étude, comme source de pensée du monde (des mondes - aussi bien intérieurs qu'extérieurs) mais aussi comme pur plaisir du conte, plaisir individuel et collectif, visuel, émotionnel.
Je compte bien mettre prochainement en ligne les parties les plus pertinentes (même si perfectibles bien-sûr) de ce travail mais pour commencer, en voici l'introduction :
19:51 Publié dans Audiovisuel, Paroles/Ecrits | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, audiovisuel, société, écrits, mai 68
22 avril 2008
Deleuze, mai 68, le devenir,...
Nous vivons des périodes d'émotions pures et de réflexions tronquées. Mai 68 est fêté, et dans quel contexte... Cela peut-il nous amener à penser ? Re-penser ? Et surtout croire de nouveau dans le devenir, dans le réel ?
Dans l'extrait audio ci-dessous, Gilles Deleuze et Félix Guattari reprennent la parole ensemble pour analyser 1984 à la lumière de 1968.
Mai 68, le devenir, être de gauche, la Chine, la majorité/la minorité et donc le dessin politique... On s'y croirait encore, toujours, pour 1000 ans encore ?
Lire aussi l'article dans la revue CHIMERES : http://www.revue-chimeres.fr/drupal_chimeres/?q=node/87
Et l'article de Guillaume Ollendorff : Gilles Deleuze et Félix Guattari : la machine à gazouiller !
21:46 Publié dans Paroles/Ecrits | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : deleuze, pensée critique, mai 68, philosophie
23 février 2008
LE NOURRAIN : le retour de la BAC !
Le blog est à consulter régulièrement pour ceux qui veulent s'informer de l'offre culturelle et artistique sur notre région mais aussi pour échanger via commentaires diverses réactions et avis.
Dès aujourd'hui Le Nourrain est en lien permanent sur NO.TRADE.
13:04 Publié dans Arts graphiques, Créateurs et créatifs, Diffuseurs/Lieux de diffusion, Paroles/Ecrits, Sortez !! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : web, blog, exposition, sortez, art contemporain
17 février 2008
Du 18 au 20 mars : rencontre avec PETER WATKINS à Metz
Si ce site devait dédier son existence et ses fondements à quelqu'un ça serait sans hésitation au cinéaste Peter Watkins.
Peter WATKINS, cinéaste et critique des médias anglais, est l’auteur entre autres de La Bombe (The War Game, 1966), Punishment Park (1971), Edvard Munch (1973), Le Voyage (The Journey, 1986) et La Commune (Paris, 1871) en 1999. Depuis le début des années 1960, Peter Watkins n’a jamais cessé de porter un regard critique sur les mass média audiovisuels, particulièrement dans ses films où cette thématique majeure a toujours été omniprésente. En dépit des différents types de censure qui ont frappé la plupart de ses œuvres, cet artiste hors-norme a réussi à tourner un peu partout dans le monde. Aujourd’hui, plus que jamais, Peter Watkins continue de se battre pour l’émergence d’un véritable processus alternatif et démocratique dans le champ du medium audiovisuel (« The lost hero of british TV », titrait à son propos The Guardian en février 2000).
Peter Watkins fait parti de ces créateurs qui ne se disent pas artistes, de ces êtres humains qui ne se disent pas humanistes, de ces penseurs qui ne se disent pas philosophes. Mais ses oeuvres (films comme écrits) ont la force qui dépasse ces positionnement sociaux de certains auteurs. Watkins fait, filme, pense et surtout donne et partage. L'activisme dans sa version la plus pratique, la plus vivante, la plus généreuse.
Si certains de ses films mélant souvent documentaire et fiction peuvent donner de prime abord une impression de froideur provoquant une certaine distanciation, ils impriment tous durablement notre esprit. Par une alchimie de l'espace sensible et intellectuel ils donnent à la fois à voir, à ressentir, à analyser et à prendre avec recul ce discours qu'ils proposent. Le combat de Watkins contre les formes les plus insidieuses et perverses des productions issues des mass médias (empreintes de ce qu'il nomme la "monoforme") n'est pas pour rien dans cette manière si particulière de proposer des images et un discours.

Pourquoi parler ainsi de Watkins me direz-vous ? Non ce n'est pas un hommage posthume, l'homme est bel et bien vivant et sera même à Metz durant 3 jours les 18, 19 et 20 mars grace à une proposition de l'association CinéArt
Dans son cycle cinéma/peinture (qui dure tout le mois de mars, voir programme complet sur le site web de l'asso) CinéArt à eu l'excellente idée de programmer le film Edvard Munch de Peter Watkins et par la même occasion d'inviter ce dernier pour en faire la présentation. L'homme ne faisant pas les choses à moitié il accepte non seulement l'invitation (le film est présenté le 18 mars au Caméo Ariel à 20h15 au mini-prix de 6 euros) mais la développe. Ainsi il sera le lendemain de la projection, le mercredi 19 mars, à la libraire Géronimo à Metz à 19h pour une rencontre autour de son livre "Media Crisis" (édité chez Homnisphères. Pour un aperçu de la richesse du livre, lisez cette page avant d'aller plus loin). Enfin, quand je parlais de l'activisme de cet homme, le plus bel exemple est la rencontre prévue le jeudi 20 mars (pas encore de lieu et horaire) : une seconde discussion est prévue avec Watkins avec les personnes désireuses de s'impliquer dans un projet local avec lui.
Je propose à ceux que cela intéresse de commencer à penser à une action locale dans la cadre d'une réflexion/sensibilisation au pouvoir des mass médias et plus généralement aux enjeux de l'image. Action à finaliser et débattre avec Watkins le 20 mars.
Liens web :
- Excellente critique du film "Edvard Munch" de Watkins sur www.critikat.com
- un extrait du film "Edvard Munch" : www.youtube.com/watch?v=jwTQUeuUC9g
- Le site web de Peter Watkins, très fourni : http://www.mnsi.net/~pwatkins/
- Un portrait de Watkins sur www.critikat.com
- Dossier Watkins autour du film "La Commune" sur ZaleaTV
- Un article de Hélène Sempéré sur la "captation du présent" proposée par Watkins : "l'écriture du présent ou l'aporie de la représentation"
- le site de l'éditeur Homnisphères
- le site de l'association CinéArt (avec programme complet des projections) : http://cineart.metz.free.fr
01:28 Publié dans Activisme, Audiovisuel, Créateurs et créatifs, Diffuseurs/Lieux de diffusion, Paroles/Ecrits, Sortez !! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Peter Watkins, activisme, rencontre, projection, cinéma, documentaire, médias
02 février 2008
Recycler, matérialiser, posture. Réflexion autour du cinémix de Radiomentale
Pour me faire mon avis j'ai assisté hier soir vendredi 1er février au Cinémix de Radiomentale sur le film "Gerry" de Gus Van Sant... Ou comment massacrer un film.
Oui, car au delà des problèmes techniques résultant d'un "jemenfoutisme" sévère du duo ("oups j'ai oublié les sous-titres alors j'arrête tout"), ils ont tout simplement réussi à rendre le film chiant et, avec l'aide de l'installation sur 3 écrans, à passer du film comme lieu de rêverie au film comme pensum intellectuel.
En gros le coup des 3 écrans c'est : je passe le film dans sa longueur au milieu et sur les côtés je ramène des plans issus d'autres moments du film et en bonus des extraits d'autres oeuvres de Gus Van Sant ("Last Days" et "Elephant"). Et là c'est la totale ! Le duo de "Gerry" passe sa première nuit dans le désert : et hop un plan du Kurt Cobain de "Last Days" qui passe un nuit dans la forêt ! Quelle analyse filmique ! Gus Van Sant reprends la thématique du feu de bois dans ses films ! Mais purée, c'est quoi l'objectif ? On est où? Dans une salle obscure ou devant des prof de cinéma frustrés ?
Ensuite le son : un boucle de basses angoissantes avec des nappes contemplatives qu'on remet de temps en temps quand il y a des plans de paysages ou qu'il faut sentir la tension. Ou comment passer de la vision d'un film à l'écoute d'un CD sur des grosses enceintes.
Je pense qu'on est bien loin du film en tant que lieu de perdition individuelle et collective (n'est-ce pas même un des propos de "Gerry"?) mais qu'on le réduit à un objet, une matière, sans substance.
On va me dire que Gus Van Sant est lui-même amateur de ce jeu de "recyclage" et de jeu avec "l’objet film" : en 1998 il a tourné un remake plan par plan mais en couleurs de "Psycho" de Hitchcock pour le compte d'une grosse production américaine. Plutôt que de laisser un "yes men" faire le massacre en règle il dit "ok" aux gros banquiers et fait le film à sa manière. Du coup, Van Sant cite Hitchcock à chaque plan et transforme (si besoin était) le film original en objet de culte. Et le culte appelle au recueillement ou au blasphème, voir les deux à la fois.
Ainsi Van Sant choisit de vider son remake d'une part de sa substance (qui finalement n’appartient qu’au film original) pour n'en garder que la forme, le contour, l'esthétique, la couleur. Car le film est un composé de couleurs et de teintes vives avec lesquelles Van Sant prend sa liberté (Hitchcock avait lui fait pour choix esthétique d'utiliser le noir et blanc pour son film). Voir quelques échanges autour de la couleur dans le film sur le site "contrechamp".
On est donc dans un pur exercice de style avec "Psycho", exercice qui a beaucoup troublé à sa sortie en salles (voir la critique du film par les Inrocks). Mais c’est un exercice qui, fait rarissime dans l’industrie hollywoodienne, reste humble. Chose assez rare, le film est assez rapidement passé du statut de "divertissement cinématographique" à celui de pur objet d’art conceptuel (on est finalement pas très loin de Douglas Gordon et de son "24 Hour Psycho"). La preuve : le film a été diffusé aux côtés de l’original au MOMA de New York.
Enfin, tout ça pour dire que dans cette démarche de recyclage et dématerialisation/matérialisation du film, on était bien loin de ce genre de réflexions à la sortie du "Gerry" revu par Radiomentale. C’était plutôt une sorte de vaste sentiment dubitatif pour ne pas dire clairement négatif qui planait...
Alors je persiste et signe tout en m’appuyant sur le cas "Psycho" de Van Sant : recréer autour et/ou avec un film exige du respect pour l’oeuvre originale et des positions extrêmement claires dans le rapport individuel de l’artiste face à cette "matière". Pas de posture.
Ainsi, dans ma pratique, recréer une partition musicale en direct sur un film se fait uniquement dans le cas d’un muet (même si on pourrais m’évoquer que dans certains cas le film a été tourné avec une partition composée à l’occasion). Le film muet gagne parfois beaucoup (selon les cas) à une nouvelle bande-son si elle reste fidèle à l’esprit cinématographique de l’œuvre.
Alors, malgré tout, la performance de Radiomentale aura permis de me convaincre dans mon approche et ma pratique du "cinémix", peut-être pas du goût de tous mais en tout cas sincère dans mon rapport au film. Alors après mes re-interprétations musicales en direct de "Cauchemars et Hallucinations" de Richard Oswald et de "Un Chien Andalou" de Bunuel je vais me remettre très vite dans un nouvel exercice du genre... Si vous avez des idées de films ou des propositions de collaboration musicale je serais ravi de les étudier !
15:15 Publié dans Audiovisuel, Créateurs et créatifs, Paroles/Ecrits | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, remix, cinémix, projection, critique, found footage
21 novembre 2007
Leçon de Cinéma : le piratage audiovisuel
Voilà l'occasion d'animer un beau débat : le CRI, dans ses LECONS DE CINEMA invite Frédéric Delacroix, directeur de l’Association de Lutte contre le Piratage Audiovisuel (ALPA), pour une rencontre le mercredi 21 novembre à 14h au CRI à Nancy (rue Michel Ney).
Le thème de la rencontre : LE PIRATAGE AUDIOVISUEL.
La présentation (je cite) :
"La contrefaçon audiovisuelle, loin d’être un problème récent, est bien au contraire présent depuis l’existence des moyens de reproduction. Véritable danger pour l’industrie culturelle, l’avènement de l’ère du numérique en a fait un fléau de nature à mettre en péril l’existence même du cinéma et de la vidéo. Nous sommes passés de l’ère de la « copie » qui se dégradait au fil du nombre de reproductions à l’ère du clone, identique à l’original et reproductible à l’infini pour de très faibles coûts. Le développement d’Internet a rendu possible la diffusion de ce clone à travers les réseaux, de manière instantanée et massive. Les industries culturelles et particulièrement celle du cinéma tentent avec les pouvoirs publics de trouver des solutions pour faire face à ce phénomène qui ravage non seulement l’économie mais aussi la création elle-même."
On peut dire qu'il y a du parti pris dans une telle présentation ! Non pas que je suis pour une liberté totale au niveau de la copie numérique mais il y a un juste milieu et il est peut-être temps de se dire que l'industrie (culturelle dans notre cas) trouve ici ses limites pratiques en terme de contrôle de la production/diffusion. Je pense que les choses sont en changement, un changement inévitable (même si difficile pour un auteur dans le système actuel) compte tenu de l'évolution technique des moyens de reproduction et de diffusion. Pour réellement alimenter le débat en dehors d'une défense d'interêts divers, il est grand temps de se replonger dans la réflexion de Walter Benjamin et son essai fondamental "L'Œuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique" publié en 1935.
Je vous invite à lire les articles à propos de la notion de copie (et particulièrement celui reprennant la reflexion de Benjamin sur la notion de reproductibilité) publiés sur la revue électronique du Centre d'Etude des Arts Contemporains de l'Université Lille 3.
http://demeter.revue.univ-lille3.fr/copie/resumes.html
Voir aussi ce parallèle entre les théories de Benjamin et celle de Théodore Adorno sur le sujet : http://www.appep.net/artreprod.pdf
Ensuite voici différents points de vue sur la question :
http://artlibre.org
http://www.ratiatum.com/news2144_L_ALPA_condamnee_par_la_...
http://culturelibre.net/spip.php?article360
http://www.journaldunet.com/magazine/chat/retrans/031222d...
http://cinetribulations.blogs.com/tribulations/piratage_a...
http://guy.pastre.eu/84/quelques-liens-pour-en-savoir-plu...
12:40 Publié dans Audiovisuel, Paroles/Ecrits, Sortez !! | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : conférence, copie, le libre, livre
12 octobre 2007
Activisme audiovisuel : le refuge du web
Inutile de répéter à quel point la télévision et ses instances nivellent par le bas ses programmes ou tout du moins en lisse les aspéritées...
ZALEA TV, la célébre chaîne de tv associative, qui se battait depuis plus de 7 ans pour créer une alternative audiovisuelle au coeur du réseau hertzien, a decidé de se dissoudre le 23 septembre 2007. Voir www.zalea.org
Je cite ci-dessous la justification de la décision de ZALEA TV :
Les coups de barre à droite successifs depuis l’alternance de 2002 ont anéanti tout espoir de création d’une grande chaîne nationale de télévision alternative, non-marchande et citoyenne, dans un avenir proche. Depuis la légalisation des chaînes associatives au printemps 2000, Zalea TV a tout tenté pour se faire autoriser par le CSA en diffusion hertzienne permanente et pour être reprise sur le câble et le satellite. Mais pour des raisons qui mèlent des intérêts politiques, financiers et idéologiques, aucune véritable télévision associative diffusant les programmes du Tiers Secteur Audiovisuel n’a finalement pu voir le jour en France. Le CSA a mis le point d’orgue à ce verrouillage en rejetant pour la troisième fois la candidature de Zalea TV à la TNT juste après les élections présidentielles de 2007. Au point où en est arrivé le PAF, c’est maintenant à une véritable refondation du système télévisuel français dans son ensemble qu’il faut oeuvrer. Ce système quasi-totalitaire, à la fois anesthésiant socio-culturel et démobilisateur civique, nuit gravement à la vie démocratique du pays et au véritable débat d’idées.
D’autre part, la prolifération récente des sites internet de vidéos partagées apporte une solution temporaire à la libre circulation des images. Cette solution est loin d’être satisfaisante au regard du droit à l’information du grand public, mais elle a le mérite de rendre possible une assez large diffusion des productions non-alignées, non-formatées, non-commerciales et censurées. Ce qui était l’une des missions principales de l’ONG Zalea TV.
Les membres de Zalea TV ne jettent pas l’éponge pour autant. Ils sont en train de se recomposer par la création de plusieurs structures s’inscrivant dans l’univers des médias libres et du combat plus général pour le pluralisme et l’indépendance des médias et de l’information.
Alors, avec tout le bémol apporté par les Zalea dans le 2eme paragraphe de leur texte, heureusement que le net est là. Force est de constater tout de même que dans l'offre du net en infos (si vaste qu'elle en devient parfois vomitive) les exclus du réseau hertzien (et numérique) se retrouvent et attaquent encore plus fort. Deuxième vie médiatique ou action et réaction ? Petits exemples choisis à cliquer pour se faire une idée :
Alors il y a le cas Karl Zero, évincé de Canal+, qui propose rapidement sa web tv (même formule, je vous laisse donc juge...) : http://leweb2zero.tv
Ensuite c'est la seule emission télé d'analyse des médias qui se voit disparaitre du service public : Arrêt sur Images. Même si sa tête pensante et omnipotente, Daniel Schneidermann, est loin de plaire à tous (et certainement parfois à raison) l'émission de decryptage est passionnante par son rapport ambigu aux médias (vous avez dit Debord ?). Pas content d'avoir été mis au placard, Daniel se jette sur le web, et tant mieux. http://arretsurimages.net A voir et bien-sûr à prendre avec recul (comme toutes images mais d'autant plus que des "images de decryptages d'images" ne sont pas paroles d'évangile).
Toujours dans la catégorie "placard du service public special gêneurs" il y a celui de Daniel Mermet, qui anime avec sa verve et son emission Là Bas Si J'y Suis à l'horaire dit de "la sieste post-Derrick" : 15h - 16h sur France Inter. Mais la vie continue sur le web et la communauté formée autour de l'émission se retrouve entre autre sur www.la-bas.org (très nombreuses archives d'émission, dont certaines passionnantes).
Mais le web n'est pas que le lieu d'expression des refusés des médias de masse.
Oula! Parenthèse! Internet n'est-il pâs LE mass media de notre 21ème siècle ? A lire dans le dernier Telerama (sondage sur les français et la TV) : "S'il fallait, pendant six mois, choisir entre la radio, la télévision, le téléphone mobile et la connexion à Internet, 33% des personnes interrogées garderaient leur précieux portable, 28% leur connexion Internet, 22% la radio et seulement 17% la télévision."
Mais comme j'ai tendance à ne jamais prendre une information comme totalement acquise, lire l'article publié à propos de ce sondage dans le très serieux site de l'ACRIMED (observatoire des médias) : www.acrimed.org
Retour a nos moutons numériques. Internet est aussi un lieu d'expression libre, pas encore maitrisé et peut-être jamais totalement maitrisable (esperons le, même si c'est pour le meilleur et pour le pire). Une chambre d'échos, qu'il faut savoir moduler à son image pour en faire bel et bien un outil d'information et de communication, pas un besoin.
Par ce que la télévision ce fut aussi un lieu de création (souvenons-nous des émissions diffusées sur les ondes et concotées pas Nam June Paik et consorts aux USA, par Jean-Christophe Averty ou Lefdup en France), penchez-vous sur l'excellente web tv consacrée à la vidéo de création : www.zzazzootivi.com et sur la mine audio & visuelle de création qu'est www.ubu.com
Le combat continue, construisons l'image de notre monde.
23:50 Publié dans Activisme, Audiovisuel, Paroles/Ecrits | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : audiovisuel, télévision, activisme, médias, web
20 septembre 2007
TRAX is dead. Longue vie à TSUGI !

Pour ceux qui, comme moi, passaient dans les kiosques à journaux en se demandant "mais il sort quand le dernier TRAX ?!" voici une triste réponse...
Le dernier des magazines "papier" (et CD puisque c'était le bonus non négligeable du mag) consacré aux musiques électroniques et affiliées est mort depuis le 13 juillet 2007 (pour rappel, CODA est mort en 2006). Nouvelle victime de la grande difficulté dans laquelle se trouve les revues spécialisées et plus généralement leurs éditeurs, le groupe Cyber Press Publishing (Trax, CinéLive, Rolling Stone, L'écran fantastique, Groove, etc...) a été liquidé en juin et cédé titre par titre au plus offrant.
Emmenée par le rédacteur en chef Patrice Bardot et l’ex-journaliste de Libération Alexis Bernier, la rédaction de Trax a proposé au tribunal de commerce de Nanterre un plan de reprise de quatre salariés et 25 pigistes, pour 15000€. Insuffisant pour assurer la pérennité du groupe, ont jugé les magistrats de la chambre consulaire. Idem pour l’offre proposée par le financier Paul Bougnoux et le magazine Technikart : reprise de 8 titres et 7 salariés pour 10000€. La procédure s’est poursuivie jusqu’aux enchères à offre cachée… que Technikart a remportées en offrant 51000€, contre 45000€ pour les "historiques" de Trax. Ces derniers sont amers: "On voulait lancer un titre indépendant, on était soutenus par des annonceurs et une banque, et on reprenait même la dette abonnés, pour ne pas trahir nos lecteurs", regrette Patrice Bardot.
C'est donc Technikart et sa branchouille parisienne qui reprend le flambeau ?! Le directeur du magazine branché espère opérer des "synergies" entre les deux titres et, "si ça nous permet d’augmenter le chiffre d’affaires, peut-être augmenter les salaires et nos tarifs de pige". Une nouvelle ère, celle du tout libéral et bien decomplexé a bel et bien commencée.
Alors que faire ? Vendre son âme engagée et curieuse au diable libéral ?! Et bien non, plutôt ne pas se laisser abattre a decidé l'ancienne rédaction de Trax qui aussi sec remonte un nouveau magazine prévu pour octobre : TSUGI (avec la même équipe rédactionnel et photo plus quelques nouveaux venus de Libération).
Petit mot de la rédaction : Pourquoi Tsugi ? Parce que cela veut dire "prochain", "suivant", "après", "next", en japonais. Cela correspond à notre parcours, nous avons su rebondir après l'aventure Trax. Parce que nous y évoquerons avec subjectivité les prochaines tendances musicales qu'elles viennent des musiques électroniques bien sûr, mais aussi d'ailleurs... Tsugi ne sera pas une copie de Trax même si vous y retrouverez son équipe enrichie de nouveaux membres...
À nouveau magazine contenu rénové, avec une passion plus aiguisée que jamais pour défendre tous les sons et les artistes que nous aimons...
Attendez vous à des surprises...
A découvrir mi-octobre...
- En attendant le 1er numéro, l'équipe historique de Trax et maintenant de Tsugi raconte tout ça dans un blog : http://trax.over-blog.com et sur leur page MySpace : http://www.myspace.com/traxmag
- A lire aussi l'article sur la mort de Trax publié sur www.rue89.com (dont j'ai repris quelques infos) : http://www.rue89.com/2007/07/20/le-magazine-trax-tombe-da...
10:00 Publié dans Musiques, Paroles/Ecrits | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : musique, electro, revue
16 juillet 2007
Pierre Bourdieu - Sur la Télévision
10:15 Publié dans Activisme, Audiovisuel, Paroles/Ecrits | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Semaine sans télé, Activisme, Bourdieu, vidéo
17 juin 2007
LAKONIK, cultivons des petits carré d'expression libre

15:32 Publié dans Activisme, Arts graphiques, Créateurs et créatifs, Paroles/Ecrits | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : web, lien, activisme, arts graphiques





