22 février 2009

PECHA KUCHA NANCY

Et si au lieu de s'exposer sur la toile via blogs et réseaux sociaux on le faisait en vrai ? Et si cet espace virtuel que l'on pense celui de la liberté n'était qu'une extension immatérielle de ce monde "en dur" dans lequel on vit ? Et si bavarder, "chatter", sur le même mode d'échange que celui des réseaux sociaux, se matérialisait enfin ? Et si votre copain virtuel de "fesse-bouc" devenait quelqu'un avec qui vous avez vraiment envie de parler ?

A Tokyo, l'idée et l'envie a commencé à prendre corps via des architectes de Klein Dytham architecture en 2003. Un concept : des soirées conçues comme un format de présentation qui permet chaque mois à 12 créatifs de présenter leur travail en public. Une règle formelle originale : chaque créatif présente 20 images, chacune projetée pendant 20 secondes, soit 6 minutes 40 secondes de présentation. Chaque présentation permet d'explorer un ou plusieurs projets à travers son processus de création. Un nom : "Pecha Kucha", ou bruit de la conversation, bavardage. Un site web : www.pecha-kucha.org

Quelques rendez-vous plus tard, la planète s'empare du phénomène et surtout l'Europe qui voit un grand nombre de soirées Pecha Kucha déférler dans de nombreuses grandes villes.

 

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Depuis 2008, Nancy aussi a ses Pecha Kucha Night (www.pechakuchanancy.fr) : la première soirée du 4 décembre 2008 à l'Autre Canal a été un succès et plutôt un bon moment avec plein de vrais gens, de présentations tantôt drôles, passionnantes ou ennuyeuses. La vraie vie quoi ! L'exercice est déroutant, le principe aussi à priori mais le résultat est là : une émulation et un partage, certes balisé de codes et de règles mais indéniablement existant et déplancant les foules via ces fameux réseaux sociaux dont le principe s'inspire. Si cela peut nous forcer à briser l'écran entre nous et les autres, j'en redemande. De plus, l'ouverture de la soirée à des créatifs de tous poils et tous genres, oeuvrant dans de nombreux champs artistiques, permet une vraie rencontre (ce qui est le plus intéressant selon moi : que l'autodidacte suive le professionnelle aguéri et que ni l'un ni l'autre ne prenne cela vraiment au sérieux, évitant le côté "mégalo" de l'exercice). A noter quand même que si Pecha Kucha Nancy semble assez ouvert niveau champ d'action artistique, les autres rencontres semblent à priori assez axées autour des "designers". Si c'est pour faire des réunions de travail ailleurs qu'au bureau l'intérêt est d'un coup assez limité.

Mais réjouissons nous donc de suivre les soirées Pecha Kucha Nancy avec pour la numéro 2, une spéciale "Défis Bois" à Epinal le 9 mars 2009 au Centre des Congrés. Le thème : toute construction et expérimentation en bois au autre matériaux innovants.
En plus des projets sur l'invitation, l'appel au projet est ouvert à tous. Sélection fin Février. Pour ceux qui sont intéressés : www.pechakuchanancy.fr

Mise à jour de dernière minute : la Pecha Kucha Nancy numéro 3 est d'ores et déjà annoncée le jeudi 26 mars à l'Ostra à Nancy (Bld d'Austrasie). Plus d'infos sur le site.

Je ferais en temps voulu un rappel des prochaines soirées Pecha Kucha Nancy, afin de motiver participants et visiteurs curieux ou déjà conquis.

 

15 décembre 2008

Bettie Page for ever

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Vendredi 12 décembre 2008 est morte à 85 ans une vieille dame américaine un peu folle qui s'appelait Bettie Page. Une vieille dame qui, avant de sombrer dans une ferveur religieuse démente, aura su se rendre éternelle. Car d'elle n'existe plus que des images sexy et troublantes des prudes années 50, des images qui habitent la culture populaire plus que pour n'importe quelle Pin-Up (comme il en existait alors des centaines). Pour se rendre éternelle elle n'a pas eu besoin d'un suicide ou d'un accident de voiture dans la fleur de l'âge, elle a "seulement" soudainement disparue dans l'anonymat, la retraite et l'oubli à l'âge de 34 ans après avoir impressionné un nombre incalculable de pellicules de photographes - et de lecteurs de "nudies" -. Pourquoi dès lors un tel engouement ? Une disparition soudaine crée-t-elle à ce point la légende (Marilyn, James, Jim, Jimi, etc) ? Imprimer son image dans les mémoires serait lié au fait de n'en laisser qu'une trace à un moment donné, sans notion de temps, de vieillissement, rendant par là à l'image un statut iconique ? Mais c'est peut-être aussi simplement que cette jeune provinciale américaine, qui rêvait - comme beaucoup de jeune filles de son époque - de gloire sur les planches et au cinéma, a marqué l'imaginaire des hommes et le fait encore (j'en suis une preuve) par un rapport libéré et insouciant à l'image. Un sourire (presque) toujours présent,  des poses et des attitudes issues d'un mode burlesque où rien n'est grave du moment où en peut en rire, même dans les séries de photos tendance SM qu'elle faisait pour Irwin Klaw. Une beauté indéniable aussi mais finalement il y en a tellement des jolies filles de papiers-glacé... Il y a aussi peut-être derrière ce côté naturel et tout sauf calculateur (souvent issu d'une volonté de maîtrise de son image) une idée de la femme, finalement si loin de celle que l'on nous "vends" aujourd'hui, modelée par une tribue de commerciaux. Des photos de Bettie Page, jaunies comme la mémoire des premiers émois, émerge  certes une femme inaccessible mais aussi complexe et tout sauf glacée comme le papier, qui révéle finalement si bien derrière un sourire communicatif et des poses séductrices sa faille, ses failles, celles qu'on se cache souvent à nous même. Les hommes et les femmes rêvent peut-être juste d'icones qui sont beaux et immortels (comme des Dieux) mais tristes et heureux (comme eux).

Petit album souvenir ci-dessous, comprenant de nombreuses photos rares : (voir ici pour plus grand format)

06 décembre 2008

C'est la crise... de foie, de nerf, antheme

C'est Noël et sa soif consumériste (je sais c'est réducteur mais allez voir la gueule de la crise un samedi après-midi et regardons-nous plonger).

Cette après-midi du coup, c'est ça que j'ai eu envie d'acheter (très bonne idée de cadeau par ailleurs, 2euros seulement) :

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Alors n'ayez crainte Ophélie, je ne suis pas un salaud d'anti-capitaliste qui veut que tout le monde arrête d'acheter (que deviendrait la Chine ?) mais pour ma part cette année les cadeaux ça sera, si Papa Noël me donne l'inspiration, de la production personnelle (règle que j'essaie d'appliquer autant faire ce peu, parce que travailler sur une compile, un dessin, une musique, un collier de nouille, ou tout autre production matérielle ou immaterielle issue de vous-même pour quelqu'un qu'on aime c'est autre chose que de lui acheter un livre que vous auriez aimé lire mais que elle, ne lira jamais).

Dans cette veine, je pense fort à vous en vous faisant don de ce clip, oeuvre que certains auraient préféré ephémére mais que YouTube a sauvé des eaux. Dégustez et évitez de manger trop gras...

18:30 Ecrit par Doctor Pretorius dans Paroles/Ecrits | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vidéo, clip, noël, la décroissance

04 novembre 2008

Zunino versus les pizzas versus Edvige versus Zunino

Vous ne connaissez pas ZUNINO ?!? Ca sera écrit dans votre fichier Edvige !!

 

Speed Pizza - Philippe Zunino 2008

22 juin 2008

Urgence au CCAM

Vous l'avez peut-être déjà vu dans la presse ou via un mail, le Centre Culturel André Malraux, scène nationale de Vandoeuvre, est menacé. Un soutien est nécessaire à cette salle indispensable à Nancy et ses environs pour la qualité et l'engagement de sa programmation depuis son ouverture en 1978. La culture est menacée, ne baissont pas les bras et réagissons. En bas de cet article, après un retour sur la situtation du CCAM, une pétition est à signer d'URGENCE (avant lundi 23/06 soir, Conseil Municipal à Vandoeuvre).

 

Pour commencer donc, petit retour explicatif sur la situtation du CCAM via un communiqué datant du 19 juin 2008 :

Situation du CCAM (Centre Culturel André Malraux en activité depuis 1978) / Scène Nationale de Vandoeuvre les Nancy (label depuis 2000) – Direction : Dominique Répécaud

Contexte :
- fin de convention Scène Nationale quadripartite le 31 décembre 2008 / Ville (625 050 – loyer de 91 469)-Etat (385 443)-Région (210 000)-association CCAM. La Scène Nationale est soutenue parallèlement par le Communauté Urbaine du Grand Nancy (76000) et le département de Meurthe et Moselle (40000).
- engagements acquis : l'Etat a d'ores et déjà confirmé par convention bilatérale son intention de poursuivre son partenariat jusqu'en 2011 avec augmentation de sa participation. Le soutien de la Région Lorraine est acquis (par convention bilatérale) jusqu'en 2010.
- changement de majorité municipale en 2008 (majorité actuelle PS)
- réintégration de la Scène Nationale dans ses murs après deux saisons complètes hors les murs pour travaux de rénovation (une année de plus par rapport aux prévisions).
- particularité de la scène nationale de Vandoeuvre : implication forte sur les dimensions locales et régionales de la vie artistique (soutien a une trentaine de créations par an). Dimension nationale et internationale avec une dominante musicale forte (festival Musique Action depuis 1984, studio de production discographique), et un intérêt marqué pour les arts visuels (galerie d'exposition, laboratoires) et la danse contemporaine. Articulation du projet sur la trans-disciplinarité.

L'accident :
- la Scène Nationale doit faire face a des difficultés économiques liées à un déficit (exploitation 2007 et festival 2008). Origine : saison hors les murs non prévue, sur-investissement artistique et absence des crédits complémentaires sollicités. Procédure d'alerte déclenchée par le Commissaire au compte le 3 juin. Le CCAM a déjà défini son plan de redressement (2008-2011)
- l'analyse fait valoir la nécessité d'un emprunt de 230 000 euros (avant fin août 2008) pour rétablir l'équilibre de la trésorerie. Risque de cessation de paiement en septembre.
- accord du maire de Vandoeuvre le vendredi 6 juin sur le principe d'une garantie de cet emprunt par la ville.
- accord entre CCAM, banque et service des finances de la ville le mardi 10 juin sur les conditions de l'emprunt.
- lors du conseil d'administration du mercredi 11 juin les représentants (élus) du Maire reviennent sur les engagements précédant, exigeant des informations complémentaires. Nous apprenons alors qu'un débat de la majorité municipale, réunie la veille, a voté contre l'attribution d'une garantie. L'Etat et la Région confirment leur soutien à la structure (et son projet artistique) dans la perspective de la future convention et valident le plan de redressement.
- mardi 17 juin, faute d'éléments nouveaux (plusieurs rencontres infructueuses), le bureau de la Scène Nationale, sur la proposition du directeur, décide d'engager auprès du TGI de Nancy une procédure de Sauvegarde, étant dans l'impossibilité d'apporter au Commissaire aux Comptes dans le délai de 15 jours prévu par la loi des éléments permettant de lever la mesure d'alerte. Audience possible le 23 juin. Cette mesure devance celle que pourrait un peu plus tard engager le CAC ; permet de faire valoir une réelle bonne foi.

Situation au 18 juin 2008 :
- possibilité pour la Scène Nationale de payer salaires et charges du personnel permanent pour juin, juillet et août. Règlement de tous les frais liés aux actions artistiques précédentes, incapacité de s'engager sur les saisons suivantes.

Perspectives :
- négociations de la prochaine convention actuellement en attente. 40 projets artistiques fortement menacés.
- 16 permanents impliqués totalement dans le projet très inquiets, leurs emplois étant menacés. 

 

Afin de faire entendre votre voix de soutien, remplissez cette pétition en ligne d'URGENCE :  http://ccam.mollo.fr/

23 avril 2008

1895 - 1968 - et aujourd'hui ?

"Plein de films comme ça pourraient, à mons avis, dans une époque où tout est fait pour nous distraire, nous donner le courage de dire : non. Non." Ce sont les mots de Jacques Willemont à propos de son film : "Reprise du travail aux usines Wonder" (1968) diffusé hier soir sur Arte.

A la vue du film j'ai eu le désir d'apposer en regard la "vue" des frères Lumière "Sortie des usines Lumière à Lyon" (1895). A vous d'en apprécier la portée...

 

M'est alors revenu aussitôt le travail que j'ai effectué il y a quelques années déjà pour mon Mémoire de Maitrise d'Etudes cinématographiques et audiovisuelles à l'IECA : "le cinéma, c'est l'histoire de deux patrons qui filment leurs ouvriers". D'un projet de commande audiovisuelle (un film de montage sur la représentation du patronat dans le cinéma français) j'ai alors développé une réflexion nouvelle pour moi à l'époque : une réflexion artistique, sociale, politique, historique. Le cinéma est un art du temps et il s'est révélé encore plus fortement, à mes yeux et en tant qu'objet d'étude, comme source de pensée du monde (des mondes - aussi bien intérieurs qu'extérieurs) mais aussi comme pur plaisir du conte, plaisir individuel et collectif, visuel, émotionnel.

Je compte bien mettre prochainement en ligne les parties les plus pertinentes (même si perfectibles bien-sûr) de ce travail mais pour commencer, en voici l'introduction : 

Lire la suite

22 avril 2008

Deleuze, mai 68, le devenir,...

Nous vivons des périodes d'émotions pures et de réflexions tronquées. Mai 68 est fêté, et dans quel contexte... Cela peut-il nous amener à penser ? Re-penser ? Et surtout croire de nouveau dans le devenir, dans le réel ?

Dans l'extrait audio ci-dessous, Gilles Deleuze et Félix Guattari reprennent la parole ensemble pour analyser 1984 à la lumière de 1968.

Mai 68, le devenir, être de gauche, la Chine, la majorité/la minorité et donc le dessin politique... On s'y croirait encore, toujours, pour 1000 ans encore ? 

Lire aussi l'article dans la revue CHIMERES : http://www.revue-chimeres.fr/drupal_chimeres/?q=node/87

Et l'article de Guillaume Ollendorff : Gilles Deleuze et Félix Guattari : la machine à gazouiller !

23 février 2008

LE NOURRAIN : le retour de la BAC !

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J'avais déjà parlé tantôt de l'équipe de malandrins du Labo DTF et de leur blog Le Nourrain.
 
Après un petit temps mort le blog reprends du service et les agents spéciaux de la BAC (Brigade d'Art Contemporain) prennent le sentier des expositions diverses et variées de la région pour en dresser le portrait. Dire qu'ils sont uniquement adeptes des vernissages et des petits fours est un grand mot puisque en plus ils rédigent de pertinents billets suite à chacune de leur visite.
 
Le blog est à consulter régulièrement pour ceux qui veulent s'informer de l'offre culturelle et artistique sur notre région mais aussi pour échanger via commentaires diverses réactions et avis.

Dès aujourd'hui Le Nourrain est en lien permanent sur NO.TRADE.
 
Liens :
 
 
 

17 février 2008

Du 18 au 20 mars : rencontre avec PETER WATKINS à Metz

Si ce site devait dédier son existence et ses fondements à quelqu'un ça serait sans hésitation au cinéaste Peter Watkins.

Peter WATKINS, cinéaste et critique des médias anglais, est l’auteur entre autres de La Bombe (The War Game, 1966), Punishment Park (1971), Edvard Munch (1973), Le Voyage (The Journey, 1986) et La Commune (Paris, 1871) en 1999. Depuis le début des années 1960, Peter Watkins n’a jamais cessé de porter un regard critique sur les mass média audiovisuels, particulièrement dans ses films où cette thématique majeure a toujours été omniprésente. En dépit des différents types de censure qui ont frappé la plupart de ses œuvres, cet artiste hors-norme a réussi à tourner un peu partout dans le monde. Aujourd’hui, plus que jamais, Peter Watkins continue de se battre pour l’émergence d’un véritable processus alternatif et démocratique dans le champ du medium audiovisuel (« The lost hero of british TV », titrait à son propos The Guardian en février 2000).

Peter Watkins fait parti de ces créateurs qui ne se disent pas artistes, de ces êtres humains qui ne se disent pas humanistes, de ces penseurs qui ne se disent pas philosophes. Mais ses oeuvres (films comme écrits) ont la force qui dépasse ces positionnement sociaux de certains auteurs. Watkins fait, filme, pense et surtout donne et partage. L'activisme dans sa version la plus pratique, la plus vivante, la plus généreuse.

Si certains de ses films mélant souvent documentaire et fiction peuvent donner de prime abord une impression de froideur provoquant une certaine distanciation, ils impriment tous durablement notre esprit. Par une alchimie de l'espace sensible et intellectuel ils donnent à la fois à voir, à ressentir, à analyser et à prendre avec recul ce discours qu'ils proposent. Le combat de Watkins contre les formes les plus insidieuses et perverses des productions issues des mass médias (empreintes de ce qu'il nomme la "monoforme") n'est pas pour rien dans cette manière si particulière de proposer des images et un discours.

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(Photogrammes issus du film Edvard Munch) 

Pourquoi parler ainsi de Watkins me direz-vous ? Non ce n'est pas un hommage posthume, l'homme est bel et bien vivant et sera même à Metz durant 3 jours les 18, 19 et 20 mars grace à une proposition de l'association CinéArt

Dans son cycle cinéma/peinture (qui dure tout le mois de mars, voir programme complet sur le site web de l'asso) CinéArt à eu l'excellente idée de programmer le film Edvard Munch de Peter Watkins et par la même occasion d'inviter ce dernier pour en faire la présentation. L'homme ne faisant pas les choses à moitié il accepte non seulement l'invitation (le film est présenté le 18 mars au Caméo Ariel à 20h15 au mini-prix de 6 euros) mais la développe. Ainsi il sera le lendemain de la projection, le mercredi 19 mars, à la libraire Géronimo à Metz à 19h pour une rencontre autour de son livre "Media Crisis" (édité chez Homnisphères. Pour un aperçu de la richesse du livre, lisez cette page avant d'aller plus loin).  Enfin, quand je parlais de l'activisme de cet homme, le plus bel exemple est la rencontre prévue le jeudi 20 mars (pas encore de lieu et horaire) : une seconde discussion est prévue avec Watkins avec les personnes désireuses de s'impliquer dans un projet local avec lui.

Je propose à ceux que cela intéresse de commencer à penser à une action locale dans la cadre d'une réflexion/sensibilisation au pouvoir des mass médias et plus généralement aux enjeux de l'image. Action à finaliser et débattre avec Watkins le 20 mars.

 

Liens web :

- Excellente critique du film "Edvard Munch" de Watkins sur www.critikat.com 

- un extrait du film "Edvard Munch" : www.youtube.com/watch?v=jwTQUeuUC9g

- Le site web de Peter Watkins, très fourni : http://www.mnsi.net/~pwatkins/ 

- Un portrait de Watkins sur www.critikat.com

- Dossier Watkins autour du film "La Commune" sur ZaleaTV 

- Un article de Hélène Sempéré sur la "captation du présent" proposée par Watkins : "l'écriture du présent ou l'aporie de la représentation"

- le site de l'éditeur Homnisphères 

- le site de l'association CinéArt (avec programme complet des projections) : http://cineart.metz.free.fr

02 février 2008

Recycler, matérialiser, posture. Réflexion autour du cinémix de Radiomentale

Pour me faire mon avis j'ai assisté hier soir vendredi 1er février au Cinémix de Radiomentale sur le film "Gerry" de Gus Van Sant... Ou comment massacrer un film.

Oui, car au delà des problèmes techniques résultant d'un "jemenfoutisme" sévère du duo ("oups j'ai oublié les sous-titres alors j'arrête tout"), ils ont tout simplement réussi à rendre le film chiant et, avec l'aide de l'installation sur 3 écrans, à passer du film comme lieu de rêverie au film comme pensum intellectuel.

En gros le coup des 3 écrans c'est : je passe le film dans sa longueur au milieu et sur les côtés je ramène des plans issus d'autres moments du film et en bonus des extraits d'autres oeuvres de Gus Van Sant ("Last Days" et "Elephant"). Et là c'est la totale ! Le duo de "Gerry" passe sa première nuit dans le désert : et hop un plan du Kurt Cobain de "Last Days" qui passe un nuit dans la forêt ! Quelle analyse filmique ! Gus Van Sant reprends la thématique du feu de bois dans ses films ! Mais purée, c'est quoi l'objectif ? On est où? Dans une salle obscure ou devant des prof de cinéma frustrés ?

Ensuite le son : un boucle de basses angoissantes avec des nappes contemplatives qu'on remet de temps en temps quand il y a des plans de paysages ou qu'il faut sentir la tension. Ou comment passer de la vision d'un film à l'écoute d'un CD sur des grosses enceintes.

Je pense qu'on est bien loin du film en tant que lieu de perdition individuelle et collective (n'est-ce pas même un des propos de "Gerry"?) mais qu'on le réduit à un objet, une matière, sans substance.

 

On va me dire que Gus Van Sant est lui-même amateur de ce jeu de "recyclage" et de jeu avec "l’objet film" : en 1998 il a tourné un remake plan par plan mais en couleurs de "Psycho" de Hitchcock pour le compte d'une grosse production américaine. Plutôt que de laisser un "yes men" faire le massacre en règle il dit "ok" aux gros banquiers et fait le film à sa manière. Du coup, Van Sant cite Hitchcock à chaque plan et transforme (si besoin était) le film original en objet de culte. Et le culte appelle au recueillement ou au blasphème, voir les deux à la fois.

Ainsi Van Sant choisit de vider son remake d'une part de sa substance (qui finalement n’appartient qu’au film original) pour n'en garder que la forme, le contour, l'esthétique, la couleur. Car le film est un composé de couleurs et de teintes vives avec lesquelles Van Sant prend sa liberté (Hitchcock avait lui fait pour choix esthétique d'utiliser le noir et blanc pour son film). Voir quelques échanges autour de la couleur dans le film sur le site "contrechamp".

On est donc dans un pur exercice de style avec "Psycho", exercice qui a beaucoup troublé à sa sortie en salles (voir la critique du film par les Inrocks). Mais c’est un exercice qui, fait rarissime dans l’industrie hollywoodienne, reste humble. Chose assez rare, le film est assez rapidement passé du statut de "divertissement cinématographique" à celui de pur objet d’art conceptuel (on est finalement pas très loin de Douglas Gordon et de son "24 Hour Psycho"). La preuve : le film a été diffusé aux côtés de l’original au MOMA de New York.

 

Enfin, tout ça pour dire que dans cette démarche de recyclage et dématerialisation/matérialisation du film, on était bien loin de ce genre de réflexions à la sortie du "Gerry" revu par Radiomentale. C’était plutôt une sorte de vaste sentiment dubitatif pour ne pas dire clairement négatif qui planait...

Alors je persiste et signe tout en m’appuyant sur le cas "Psycho" de Van Sant : recréer autour et/ou avec un film exige du respect pour l’oeuvre originale et des positions extrêmement claires dans le rapport individuel de l’artiste face à cette "matière". Pas de posture.

Ainsi, dans ma pratique, recréer une partition musicale en direct sur un film se fait uniquement dans le cas d’un muet (même si on pourrais m’évoquer que dans certains cas le film a été tourné avec une partition composée à l’occasion). Le film muet gagne parfois beaucoup (selon les cas) à une nouvelle bande-son si elle reste fidèle à l’esprit cinématographique de l’œuvre.

Alors, malgré tout, la performance de Radiomentale aura permis de me convaincre dans mon approche et ma pratique du "cinémix", peut-être pas du goût de tous mais en tout cas sincère dans mon rapport au film. Alors après mes re-interprétations musicales en direct de "Cauchemars et Hallucinations" de Richard Oswald et de "Un Chien Andalou" de Bunuel je vais me remettre très vite dans un nouvel exercice du genre... Si vous avez des idées de films ou des propositions de collaboration musicale je serais ravi de les étudier !

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