24 novembre 2008

Cinémix sur "Un Chien Andalou" - festival Proj(ect) - 26/11/2008

doctor pretorius_logo.jpg

Le mercredi 26 novembre 2008 s'ouvre le Festival Proj(ect) - 2e édition - à Nancy. Ce rendez-vous des nouvelles images (entendons sans doute par là les images issues des nouveaux moyens de création et surtout leurs nouveaux moyens de diffusion : web, dvd, performance et concert,...) Le festival aura cette année pour thème la peur > Consulter le programme complet

L'inauguration (mercredi soir donc) sera pour moi l'occasion de proposer une nouvelle version de Cinémix sur le court-métrage surréaliste par excellence : Un Chien Andalou de Luis Bunuel & Salvador Dali (1929) > voir un site web très complet sur le film

Ce film, écrit en 6 jours, n'a rien perdu de son pouvoir subversif, se jouant des codes cinématographiques et de la morale. Bunuel raconte dans un entretien l'élaboration de ce rêve (cauchemar?) sur pellicule :

“Dalí me dit : Moi, cette nuit, j’ai rêvé que des fourmis pullulaient dans ma main. Et moi : Eh bien ! Moi, j’ai rêvé qu’on tranchait l’œil de quelqu’un”. (...) “Par exemple, la femme s’empare d’une raquette de tennis pour se défendre de l’homme qui veut l’attaquer ; celui-ci regarde alors autour de lui cherchant quelque chose et (je parle avec Dalí) : Qu’est-ce qu’il voit ? - Un crapaud qui vole. – Mauvais ! - Une bouteille de cognac. – Mauvais ! – Bon, je vois deux cordes. – Bien, mais qu’est-ce qu’il y a derrière ces cordes ? - Le type les tire et tombe parce qu’il traîne quelque chose de très lourd. – Ah, c’est bien qu’il tombe. - Sur les cordes, il y a deux gros potirons séchés. – Quoi d’autre ? – Deux frères maristes. –Et ensuite ? - Un canon. – Mauvais; il faudrait un fauteuil de luxe. – Non, un piano à queue. – Très bon, et sur le piano, un âne… non, deux ânes putréfiés. – Magnifique ! C’est-à-dire que nous faisions surgir des images irrationnelles, sans aucune explication. > in "Conversations avec Luis Buñuel", Tomas Pérez Turrent et José de la Colina – Ed. Cahiers du cinéma, 1993, p. 30-31

Une telle déconstruction narrative ouvre un vaste champ à la réinterprétation musicale (n'oublions pas que bien que le film soit muet il est sorti accompagné d'une partition originale) car laisse libre cours à de multiples variations sans dénigrer le film original, avant tout basé sur une approche plastique. Puisant dans une musique contemporaine je vais tenter de donner ma propre vision du film, plutôt séquentielle et dans un certain sens narrative, qui voit s'entrechoquer désir, violence, question du masculin et du féminin, amour et abstraction narrative propre au rêve.

Pour se faire une idée, voici la version originale du film (attention, mauvaise qualité !)

La projection a lieu à 21h sur le site du Grand Sauvoy (17 route de Metz à Nancy). L'entrée est libre et le film ne dure que 16 mn (en ratant le début vous risquez donc de ne voir que la fin!).

Commentaires

On y sera (si la baby-sitter le permet). C.U.

Ecrit par : SaintYves | 24 novembre 2008

J'aime l'affiche de Doc Prétorius mais je ne veux pas voir l'oeil du Chien Andalou! Hou Hou

Ecrit par : Marie | 26 novembre 2008

L'absurde est d'un raffinement ultime, je trouve... Merci pour cet article !

Ecrit par : laurie | 29 novembre 2008

Ecrire un commentaire