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04 mai 2007
En guise d'ouverture... (et conclusion ?)
Art et politique,... l'art est-il politique ? Ou plutôt créer, voir, entendre, aller à la rencontre de l'autre par le biais de la création est-il un acte politique et social ?
Voilà un sujet que je veux aborder depuis longtemps via NO.TRADE. Un sujet qui concerne directement la vie de ce site, ses motivations. Et au cœur de cette question se niche aussi une réflexion sur les modalités de participation et d’inscription de nos actes, de nos choix et de nos convictions sur une société qui tend parfois à l’abandon à "l’ordre des choses"...
Un sujet que je ne voulais pas réduire. Un sujet qui s'est trouvé au fil du temps, au fil de ma propre réflexion, animer ou plutôt attiser en moi un engagement.
Qu'est ce que l'engagement ? L'origine du mot pourrait impliquer le fait de « donner en gage », m'engager serait donc « me donner moi-même en gage ». Sans faire un discours philosophique cela induit donc une notion de liberté (c'est une responsabilité que je ne suis pas obligé de prendre), de morale et de rapport aux autres. Le rapport aux autres. Finalement ne s'engage-t-on pas aussi dans nos rapports amicaux, amoureux, humains ? En théorie... Et finalement un créateur ne donne t il pas une part de lui même en gage ? (Corneille écrivait « quiconque écrit s'engage »). En théorie...
L'engagement pour une idée que l'on se fait du bien commun ne se fait il pas sans qu'on y trouve quelque intérêt ? Ne s'engage t-on pas toujours pour soi-même ?
Large parenthèse...
Parenthèse qui souligne les connotés d'un tel sujet.
NO.TRADE s'est constitué dans l'idée que les formes créatives, l'expression sensible de notre rapport au monde, l'action, le faire, la rencontre, l'humain, la curiosité, c'est un début d'engagement (politique, social, ou ce que vous voulez.)
Je crois aujourd'hui que cette recherche du collectif par le biais d'un site internet (un blog, l'outil à la gloire du « moi je ») est un peu vaine. En tout cas elle ne me satisfait plus. Parce qu'aujourd'hui l'engagement je veux le prendre majoritairement dans mes propres actes face à l'autre dans sa réalité physique. Même si animer avec passion ce site est déjà un premier pas, je parle ici d'un engagement humain de moi vers l'autre, l'engagement face à une situation politique qui ne me convient plus, je parle ici du refus de ce faux, ce faux collectif, ce faux savoir qui selon la légende circulerait bien mieux... Notre vision du monde n'est pas seulement la notre elle est issue de bribes que l'on veut bien nous montrer. Je savais vivre dans une société de l'image mais je ne veux pas vivre dans l'image d'une société.
Ne s'engage-t-on pas toujours pour soi-même ? Oui. Pour se valoriser à nos propres yeux, parce aujourd'hui on a plus que jamais besoin de croire que nous sommes libre de certains de nos actes et choix. Mais si par extension je changeais mon propre regard sur mes actes, si je les confrontais réellement (durement parfois) à l'autre, si je proposais de partager l'idée qu'un choix individuel a une importance sur le collectif, si le collectif apparaît alors comme ce temps passé à faire, à voire, à entendre ensemble, physiquement ensemble... Parler de soi bouleverse-t-il le monde (notre monde) ? Inscrire son égocentrisme au coeur d'une société et le penser comme constitutif (constructif) d'un tout n'est-il pas un premier pas qui doit trouver ses racines dans un lien humain autre que virtuel et prisonnier du « monde des représentations » ?
Mais je m'engage sur la voie de la théorisation un peu excessive...
Des actes donc.
Ces actes, je ne vais pas les penser autrement que dans un quotidien. Humblement. Ces actes seront ancrés dans des actions associatives, professionnelles, créatives. Ce n'est pas nouveau pour moi mais c'est aujourd'hui une question de priorité.
NO.TRADE pourrait y trouver sa place mais je ne veux plus penser ce site comme un moteur. C'est un outil. Et nous avons encore le choix de nos outils et de notre rapport à eux.
NO.TRADE doit il encore exister ? Moi qui suis aujourd'hui seul à le faire vivre... Je dois peut-être le prendre pour ce qu'il est aux yeux des lecteurs semble-t-il : ma tribune libre. Moi qui le pensait comme un lieu collectif, un moyen de valoriser des actions collectives et surtout se faire le moteur de certaines d'entre elles... Internet n'est pas le lieu pour ce dernier point. Pub. Promo. De soi ou de ses actes. J'ai peut-être manqué de clarté, j'ai peut-être avant tout assouvi inconsciement quelque chose de purement individualiste...
Et seul, quel temps passé à s'engager individuellement dans le discours... Il est temps de passer à la parole.
Je vais voter le 6 mai.
Je vais commencer par ça.
Mais le plus gros du boulot commence le 7.
13:15 Publié dans No.Trade concept | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




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