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02 décembre 2006

ANDRE S.LABARTHE - Ciné-Club de Saurupt

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Le CCAM hors les murs propose :

Soirée spéciale autour du cinéaste et critique André S. Labarthe avec la diffusion de trois de ses portraits

Mardi 05 décembre à 20h00 au Ciné-Club de Saurupt à Nancy / ENTREE LIBRE

Il est l'homme qui a vu les ours, de Bunuel, Ford, Renoir, Lang, Von Stroheim, Bresson, Godard à Kiarostami, Moretti, Lynch, Cronenberg, Hou Hsiao-Hsien, Ferrara, qui a su dénicher leurs tanières, les approcher, se faire accepter pour finalement devenir l'un des leurs. Avec la série Cinéastes de notre temps (puis Cinéma, de notre temps) André S.Labarthe a sans doute réalisé la plus belle mémoire du cinéma: près d'une centaine de portraits de cinéastes de 1964 à aujourd'hui.

Le Ciné-Club de Saurupt, pour cette soirée exceptionnelle, vous propose trois de ses films dont le portrait de David Cronenberg qui est un bijou de cinéma. A ne pas manquer ! (Et profitez en pour découvrir l'excellente programmation du lieu, en vidéo comme en 35mm).

Portrait du réalisateurUshio Amagatsu, éléments de doctrine

1993 , 65' , couleur
Conception : André S. Labarthe, Alain Plagne. Réalisation : André S. Labarthe. Production : Art production, Arcanal, CGP. Participation : ministère de la culture et de la francophonie.

Au Japon, le blanc est la couleur du deuil. Les danseurs de butô s'enduisent le corps de poudre blanche et la poétisation de l'espace qui caractérise les pièces de la compagnie Sankai Juku est comme un cadavre exquis, au sens littéral du terme. Pour Amagatsu, fondateur de la compagnie, la danse butô est à la fois vie et mort.

Juin 1993 : Ushio Amagatsu et ses danseurs répètent "Graine de cumquat", pièce-fétiche de la compagnie, créée en 1978, qui relate l'initiation au monde d'un petit garçon japonais. André S. Labarthe et Alain Plagne ont suivi ces répétitions et interrogé le chorégraphe. L'oeuvre d'Amagatsu, axée sur la mort, la souffrance et la cruauté humaine, s'inscrit dans le prolongement des origines du butô, aux lendemains d'Hiroshima. Et même s'il estime sa compagnie moins morbide que celle d'Hijikata, fondateur du butô, ses exigences esthétiques requièrent de la part de ses danseurs une vraie capacité de concentration et d'équilibre. Un film très esthétique sur une compagnie qui ne l'est pas moins.

Bruno Schulz

1989 , 28' , couleur
Réalisation : André S. Labarthe. Production : La Sept, Archipel 33. Participation : CNC, ministère de la culture (DLL).

"Imaginons la scène" : la maison labyrinthique et la boutique d'un drapier, dans la petite ville provinciale de Drohobycz (Galicie), sous la lumière crépusculaire qui baigne l'Europe centrale en cette première moitié du siècle. Au centre de cet univers, celui de la vie et de l'œuvre de Bruno Schulz, se dresse la figure hypertrophiée de son père, en "prestidigitateur métaphysique".

Né en 1893 dans une province autrichienne devenue polonaise en 1918, Bruno Schulz enseigne le dessin et consacre ses loisirs à dessiner et à écrire. Des lettres, qui peu à peu s'organisent en récits et sont regroupés en deux recueils publiés de son vivant, "Les Boutiques de canelle" (1934) et "Le Sanatorium au croque-mort" (1937). Parce qu'il est juif, il meurt en 1942, d'une balle dans la nuque, tirée par un SS. En mettant en scène quelques dessins et fragments littéraires, André S. Labarthe a choisi de mettre en évidence le credo de Schulz : "moins de fond, plus de forme", son goût pour la "camelote", la sensualité et le caractère fantastique de son œuvre. Le contexte historique, géographique et familial dans lequel il vécut est également restitué, à l'aide de photos et commentaires.

 

Portrait de CronenbergDavid Cronenberg

Collection "Cinéma de notre temps"
1999, 68', couleur
Réalisation : André S. Labarthe. Production : AMIP et l'INA. Coproduction : Arte France
 
Cinéaste canadien paradoxal à la "poésie chirurgicale" : un portrait de David Cronenberg par André S. Labarthe, placé sous les auspices inquiétantes de Lautréamont. " Âme timide, avant de pénétrer plus loin dans de pareilles landes inexplorées, dirige tes talons en arrières et non en avant "…

En vingt ans et treize films, David Cronenberg s'est imposé comme l'un des derniers auteurs du cinéma contemporain. Ses premiers films ("Frissons", "Rage", "Chromosome3", "Scanners") ont fait de lui le réalisateur le plus "choquant" et le plus inventif d'un genre (l'horreur, le gore) jusque là considéré comme vulgaire. Après "La Mouche", variation sur la maladie et la mort, et Faux-Semblants, qui lui valurent d'être reconnu comme auteur, Cronenberg se trouva en porte-à-faux avec le genre qu'il avait créé et chercha à en sortir au moyen d'adaptations extrêmement ambitieuses : Le Festin nu d'après William Burroughs, M. Butterfly, et finalement Crash, tiré du best-seller de James Ballard.

Cinéaste de toutes les audaces, David Cronenberg jouit du privilège de faire naître une polémique à chacun de ses films, et est avec Lynch, Scorsese ou Tim Burton, l'un des rares metteurs en scène nord-américains dont on reconnaisse le style dès les premières séquences. André S. Labarthe l'interview donc entouré de ses images, David Cronenberg face à nous, tandis que deux moniteurs diffusent des extraits de ses films. De quoi nous plonger dans son univers si particulier.

 

Pour en savoir plus sur la filmographie et le travail de André S. Labarthe :

www.arkepix.com

www.cinelycee.com

 

Ciné-Club de Saurupt : 26, rue de Saurupt - 54000 Nancy

En bus : ligne 138/139 - Arrêt Garenne

Site web : http://www.crous-nancy-metz.fr/Culture/cinema.htm

 

Anne pour NO.TRADE 

Commentaires

ce fut un grand moment...

riche intellectuellement...

le doc sur la danse butô est magnifique, l'univers du doc de Schulz est glauque/kitch à la mesure du contexte qui entoure l'écrivain et l'interview de Cronenberg nous montre combien celui-ci est extrêmement brillant!!

je retiendrai en vrac : "L'homme est avant tout un corps/ sans corps pas d'existence /tout passe par là.../tout est sexuel, parler,échanger,bref les relations sociales...mais l'homme essaie de déguiser cela car la vérité est par trop insupportable; il restera donc toujours des tabous.../Je veux donner chair au verbe..."

merci Cronenberg...

Quant à Labarthe il est extrêmement sympathique, accessible, cultivé et brillant...
c'est quelqu'un qui sait user des moments d'improvisations dans sa vie créative, laisser place à la magie de l'instant...

Il reste ouvert d'esprit à 75 ans, un curieux à l'oeil observateur et pétillant, avec une certaine endurance de concentration et de discussion...
Pour le portrait extérieur il porte un chapeau mais qu'il retire lors de la projection(Monsieur est distingué), peut commencer à boire des bières vers 17h et fume des gitanes maïs...

Bref il est plutôt cool...

ça fait beaucoup de bien de rencontrer des gens comme ça...

c'est beau...

Ecrit par : BUBU | 10 décembre 2006

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